Cyril Brun

Docteur en sciences-humaines- Chercheur en anthropologie

Grhis Université de Rouen-Normandie

Qu’est-ce que l’homme — et que font nos manières de vivre à ce qu’il devient ?

Depuis 1997, mes recherches portent sur la personne humaine : ce qui la fait agir, choisir, désirer, réagir, mais aussi sur les conditions corporelles et culturelles dans lesquelles elle exerce ses facultés.

Elles sont aujourd’hui réunies dans un projet :

L’Homme essoufflé

Nous n’avons probablement jamais autant su de choses sur l’être humain.

Nous observons son cerveau, son sommeil, son métabolisme, ses comportements. Nous étudions les effets du stress, de l’alimentation, du mouvement ou des relations sociales.

Et pourtant, quelque chose semble nous échapper.

Nous savons de mieux en mieux décrire les mécanismes de l’homme, sans nécessairement mieux comprendre l’homme auquel ils appartiennent.

Dans le même temps, nous lui demandons toujours davantage.

Être performant.

S’adapter.

Décider vite.

Rester disponible.

Gérer ses émotions.

Entretenir sa santé.

Préserver son équilibre.

Continuer à désirer, entreprendre, choisir.

Mais que se passe-t-il lorsque les conditions dans lesquelles nous lui demandons tout cela commencent elles-mêmes à travailler contre lui ?

C’est la question qui traverse L’Homme essoufflé.

Comprendre l’homme pour comprendre ce qui le fait agir — et comprendre ce que nos manières de vivre font à sa capacité d’agir.

Découvrir le projet L’Homme essoufflé


Comprendre la personne humaine

Avant de savoir comment agir avec une personne, encore faut-il comprendre ce qui la fait agir et réagir.

L’intelligence.

La volonté.

Le désir.

La peur.

La colère.

Les passions.

Les habitudes.

Le discernement.

Ces réalités que l’anthropologie classique avait cherché à penser ensemble sont aujourd’hui souvent abordées séparément.

Les réunir permet pourtant de lire autrement nombre de situations que nous interprétons trop rapidement comme un manque de motivation, une résistance au changement, une réaction irrationnelle ou un conflit de personnalités.

Cette recherche trouve aujourd’hui des applications concrètes dans le management, l’accompagnement, l’éducation et plus largement dans toutes les situations où une personne doit agir sur, pour ou avec une autre personne.

Comprendre la personne humaine


Quand notre manière de vivre travaille contre nous

L’homme qui pense, décide, travaille et exerce sa volonté est aussi un corps.

Et ce corps possède ses propres conditions.

Lorsque nos journées lui demandent durablement davantage que ce qu’elles lui permettent de restaurer, il ne s’arrête pas nécessairement.

Il compense.

Puis il s’adapte à cette compensation.

C’est ce processus que j’appelle la dette corporelle.

Peu à peu, nous pouvons alors disposer de moins de ressources pour récupérer, maintenir notre attention, soutenir l’effort, préserver notre élan et exercer pleinement nos capacités.

Sans rupture spectaculaire.

Simplement en considérant progressivement comme normal de vivre avec moins.

Nous ne tombons pas d’un seul coup. Nous nous adaptons. Puis nous nous adaptons à notre adaptation.

Découvrir la dette corporelle


Et si une partie de la réponse était déjà dans notre manière de vivre ?

Mes recherches sur la dette corporelle ont rencontré un autre territoire que je connaissais depuis longtemps : l’art de vivre à la française.

Le repas.

Le temps.

Le plaisir.

La convivialité.

La marche.

Le mouvement ordinaire.

La relation aux autres.

Le rythme.

La mesure.

Ce que nous regardons volontiers comme un patrimoine culturel pose également une question anthropologique :

qu’est-ce qu’une manière de vivre fait, jour après jour, à celui qui la vit ?

Il ne s’agit pas de transformer l’art de vivre à la française en médecine.

Il s’agit d’étudier une correspondance.

Car une partie de ce que nous cherchons aujourd’hui à réintroduire dans nos vies sous forme de recommandations, de programmes de prévention ou de récupération existait autrefois plus naturellement dans l’organisation de la vie ordinaire.

D’où une idée devenue centrale dans mon travail :

Un corps ne devrait pas seulement pouvoir récupérer du quotidien. Il devrait pouvoir récupérer dans le quotidien.

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De la recherche à la transmission

Je n’ai jamais considéré qu’une anthropologie devait rester enfermée dans les livres.

Depuis près de trente ans, cette recherche s’est confrontée à des personnes, des organisations et des situations concrètes.

Elle se poursuit aujourd’hui dans mes ouvrages et mes articles.

Elle prend également la forme de conférences et d’interventions destinées à transmettre cette compréhension de l’homme et à montrer ce qu’elle permet de voir différemment dans notre vie quotidienne et professionnelle.

Interventions & conférences

Comprendre la personne humaine
Quand une juste anthropologie devient une intelligence pour l’action.

Manager suppose d’abord de comprendre la personne sur laquelle on agit
Une lecture anthropologique des comportements au service de la responsabilité managériale.

Votre corps vit-il à découvert ?
Comprendre la dette corporelle et les mécanismes par lesquels notre quotidien peut progressivement réduire notre vitalité.

Santé et art de vivre à la française
Et si nous cessions de demander à l’exceptionnel de réparer ce que notre manière de vivre défait chaque jour ?

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Un travail en cours

L’Homme essoufflé est un projet de recherche vivant.

Il se nourrit de l’anthropologie classique, des sciences contemporaines, de mes travaux de terrain et des échanges avec des chercheurs, des praticiens et les personnes rencontrées au cours de mes interventions.

J’en publie régulièrement certains développements dans mes articles et mes ouvrages.

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