Cyril Brun – Docteur en sciences humaines


Docteur en sciences humaines, chercheur associé au GRHis de l’université de Rouen Normandie, je travaille depuis 1997 une question qui n’a jamais changé de nature, même si ses formes se sont multipliées au fil des années :

qu’est-ce que l’homme, et que lui faut-il savoir de lui-même pour devenir pleinement ce qu’il est.

Cette question n’est pas d’abord celle du choix ou de la décision, elle les précède : avant de choisir sa vie, encore faut-il exister comme un homme libre, et non comme un homme mené sans le savoir par un corps qu’il ne comprend pas, une intelligence dont il n’a jamais pris pleinement la conduite, une volonté qui lui dicte ses mouvements précisément parce qu’il en ignore le fonctionnement.

J’aurais pu m’en tenir à cette question telle qu’elle se pose dans le silence d’une bibliothèque universitaire. J’ai choisi, très tôt, de la porter sur le terrain, là où elle rencontre des personnes réelles, engagées dans des vies réelles, parce qu’une anthropologie qui ne servirait qu’à elle-même me semblait manquer l’essentiel de ce qu’elle prétend éclairer.

C’est ce déplacement qui a fait de moi, pendant une vingtaine d’années, un accompagnateur de bilans de compétences, chargé plus précisément d’y introduire ce que les méthodes classiques laissent de côté, une lecture anthropologique de la personne, préalable à tout choix professionnel plutôt que consécutive à lui, mais préalable plus encore à tout épanouissement véritable.

C’est ce même souci d’ancrage dans le réel qui m’a conduit à rejoindre le Comité Éthique de la finance Pro Persona, et qui me vaut d’être régulièrement sollicité comme expert auprès d’entreprises pour des missions d’audit où l’humain, plus que l’organisation, se trouve au centre du diagnostic.

De ce long travail de terrain, mené en parallèle d’une recherche qui n’a jamais cessé, est né un diagnostic que je crois aujourd’hui pouvoir formuler avec précision :

l’homme contemporain est essoufflé.

Non pas seulement fatigué ou débordé, mais coupé d’une compréhension de lui-même qui lui permettrait de se tenir libre plutôt que mené, de se gouverner plutôt que de se subir.

C’est ce diagnostic qui se déploie aujourd’hui à travers quatre conférences, chacune portant sa propre bascule.

La première ramène chacun au point de départ véritable, celui de savoir qui est l’homme avant de savoir ce qu’il veut, et fait de cette seule connaissance la condition de sa liberté.

La seconde renverse un rapport que l’on croit subi : connaître les mécanismes des passions qui nous traversent, la colère, la peur, le désir, c’est cesser de leur laisser décider de qui l’on est et de ce que l’on fait, pour reprendre soi-même la main.

La troisième révèle que la vitalité n’est pas à conquérir au loin mais à sa porte, accessible en réordonnant simplement sa manière de vivre, sans qu’il soit besoin d’en changer le contenu.

La quatrième dresse un parallèle qui traverse toute notre époque : là où la science documente aujourd’hui, chapitre après chapitre, ce qui essouffle l’homme contemporain, l’art de vivre à la française en propose, depuis des siècles et sans le savoir, l’écho le plus sain.


J’accompagne depuis plusieurs années des personnes en questionnement professionnel, confrontées à un malaise qui ne se résout pas par des réponses techniques seules.

Mon travail se situe à la croisée du discernement professionnel, de l’anthropologie et du bilan de compétences.

Il repose sur une lecture fine de la personne, de son histoire, et de la trajectoire qu’elle a construite parfois malgré elle.


Avant de parler de méthode

Avant toute démarche, il est légitime de vouloir savoir à qui l’on s’adresse.


Une trajectoire plus qu’un parcours

Mon parcours peut donner l’impression de la diversité.

Il traverse des champs différents : l’écriture, la philosophie, l’anthropologie, la musique, la transmission, l’accompagnement.

Mais cette diversité n’est qu’apparente.

En profondeur, je n’ai jamais cessé de travailler la même chose : la justesse.

Justesse du regard.

Justesse du geste.

Justesse de la place occupée.

Je n’ai jamais cherché à accumuler des compétences pour elles-mêmes,

mais à comprendre ce qui fait qu’un homme tient dans ce qu’il fait —

ou, au contraire, s’y fatigue sans toujours savoir pourquoi.


Penser dans le temps long

Ma formation intellectuelle s’est construite au contact des textes fondateurs, de la philosophie classique et de l’anthropologie.

Ces disciplines apprennent une chose essentielle :

les désaccords profonds ne naissent pas d’un jour à l’autre.

Ils s’installent lentement, par glissement, par adaptation, parfois par réussite.

Cette manière de lire le réel dans la durée a façonné mon regard sur le travail, les trajectoires professionnelles et les crises silencieuses que beaucoup traversent sans pouvoir les nommer.

On ne s’égare jamais brutalement.

On s’éloigne par petites concessions successives.


Une réflexion ancienne sur la connaissance de soi

Ce travail ne s’est pas construit récemment.

Il s’inscrit dans une réflexion menée depuis de nombreuses années sur la connaissance de soi comme condition de toute décision juste.

Cette réflexion a notamment donné lieu à un livre, Connais-toi toi-même, consacré à une question simple en apparence, mais décisive :

à partir de qui décidons-nous réellement de nos vies ?

Il ne s’agissait pas d’y proposer une méthode, ni un programme de développement personnel,

mais de poser un cadre anthropologique : comprendre qui nous sommes avant de chercher ce que nous devons faire.



Une compétence reconnue au niveau institutionnel

Cette compétence anthropologique m’a également conduit à être membre permanent, pendant plusieurs années, d’un comité d’éthique de la finance, à un niveau où les décisions engagent bien au-delà des individus.

Là encore, il ne s’agissait pas d’apporter des réponses techniques,

mais de rappeler les conditions humaines, symboliques et éthiques à partir desquelles une décision peut rester juste, soutenable et responsable.

Cette expérience a renforcé une conviction déjà ancienne :

les dérives ne viennent pas d’un manque de compétence, mais d’un point de départ confus.


Le corps comme lieu de vérité

Mon rapport au corps n’a jamais été séparé de la pensée.

La pratique de la slackline, comme la marche en montagne, m’a appris une chose simple et exigeante :

on ne tient pas longtemps sur une ligne si l’on force ou si l’on triche avec son équilibre.

On avance par ajustements fins, en respectant ce qui est là, sans chercher l’effet.

Ce rapport au corps a profondément nourri ma manière de comprendre les désaccords professionnels :

on ne corrige pas un déséquilibre durable sans revenir à ce qui l’a créé.


Pourquoi ce travail aujourd’hui

Au fil des accompagnements, une évidence s’est imposée.

Beaucoup de personnes viennent chercher une solution professionnelle, alors que leur difficulté se situe en amont.

Elles ont réussi.

Elles se sont adaptées.

Elles ont tenu leur rôle.

Mais elles n’ont jamais eu l’espace — ni parfois la possibilité — de clarifier à partir de qui leurs choix continuaient d’être construits.

Tant que ce point n’est pas posé, changer de métier ou de cadre revient souvent à déplacer le problème.


Une posture claire

Je ne suis ni thérapeute,

ni coach,

ni motivateur.

Je ne cherche ni à réparer, ni à rassurer, ni à décider à votre place.

Je propose un cadre de travail exigeant, dans lequel il devient possible de poser une décision professionnelle au bon endroit — qu’elle débouche sur une reconversion ou sur un repositionnement profond.



Ce travail s’inscrit dans une réflexion menée de longue date autour de la personne humaine, de l’épanouissement et du discernement.

Certaines de ces questions ont été développées de manière plus théorique dans l’ouvrage L’anthropologie comportementale au service de l’épanouissement intégral.