Comment savoir quelle est ma vocation ?

Vous avez peut-être tapé :

Comment savoir quelle est ma vocation ?

Comment trouver ma vocation professionnelle ?

Comment savoir pour quoi je suis fait ?

Si vous cherchez cela, ce n’est probablement pas seulement un métier.

Vous cherchez quelque chose de plus vaste.

Le mot “vocation” ne sonne pas comme “emploi”.

Il évoque un appel.

Un élan.

Quelque chose qui vous dépasserait et vous habiterait pleinement.


Ce que Google vous répond lorsque vous cherchez votre vocation

Lorsque vous tapez “comment savoir quelle est ma vocation”, les premières réponses proposent :

  • des tests de personnalité (MBTI, RIASEC…),
  • la méthode de l’Ikigai,
  • des exercices pour identifier vos talents,
  • des listes de métiers correspondant à votre profil,
  • des conseils pour “suivre votre passion”.

Le message implicite est clair :

Votre vocation correspond à vos compétences et à ce que vous aimez.

Il suffirait donc d’identifier :

  • ce que vous savez faire,
  • ce que vous aimez faire,
  • ce qui recrute,
  • et de croiser ces éléments.

Pourquoi cette réponse laisse souvent un goût d’inachevé

Ces outils peuvent éclairer certaines choses.

Mais ils réduisent la vocation à une adéquation fonctionnelle.

Or le mot que vous avez tapé est plus vaste.

On peut aimer quelque chose sans que ce soit une vocation.

On peut avoir un talent sans que cela définisse une forme de vie.

Prenons un exemple simple.

On peut être passionné par les trains.

Les horaires, la technique, les lignes, les locomotives.

Cela ne signifie pas pour autant que l’on est appelé à être conducteur de train sur de longues distances, absent plusieurs nuits par semaine.

La passion existe.

Mais la forme de vie qu’elle implique peut ne pas correspondre.

Et c’est là que la question devient plus profonde.


On confond souvent vocation et métier

Lorsque vous demandez :

“Comment savoir quelle est ma vocation ?”

On vous répond :

“Voici le métier qui vous correspond.”

Mais une vocation n’est pas un poste.

Elle engage :

  • un rythme de vie,
  • des responsabilités,
  • un rapport au temps,
  • un équilibre familial,
  • une manière d’être au monde.

Elle touche à l’ensemble de votre existence.

On peut être attiré par l’humanitaire sans vouloir vivre dans l’instabilité permanente.

On peut aimer la scène sans désirer l’exposition constante.

On peut avoir l’âme d’un entrepreneur sans accepter l’incertitude financière durable.

La vocation n’est pas seulement un domaine d’activité.

C’est une cohérence de vie.


La vocation ne se “trouve” pas comme un objet

On parle souvent de “trouver sa vocation” comme si elle était cachée quelque part.

En réalité, elle se reconnaît plus qu’elle ne se découvre.

Elle se manifeste dans :

  • ce qui revient avec insistance,
  • ce qui vous engage au-delà du simple plaisir,
  • ce qui vous demande un effort mais vous donne de l’élan,
  • ce qui vous dépasse sans vous écraser.

Et surtout, elle doit être compatible avec la vie que vous consentez.

Car une vocation qui détruit le reste de votre équilibre finit par devenir une tension permanente.


La vraie question derrière votre recherche

Peut-être que la question n’est pas seulement :

“Quel métier correspond à ma vocation ?”

Mais plutôt :

Quelle distance existe entre ma vie actuelle et ce qui m’appelle vraiment ?

Votre travail actuel :

  • vous permet-il d’épanouir cet élan ?
  • vous laisse-t-il de la place pour ce qui vous habite ?
  • ou absorbe-t-il toute votre énergie au point d’étouffer le reste ?

Parfois, la vocation n’exige pas un changement radical de métier.

Elle exige :

  • un ajustement,
  • un rééquilibrage,
  • une autre manière d’habiter son travail,
  • ou une décision plus profonde.

Avant de changer de métier, quelques questions

Plutôt que de chercher immédiatement “le bon métier”, vous pouvez peut-être vous demander :

  1. Qu’est-ce qui, dans ma vie actuelle, me donne réellement de l’élan ?
  2. Qu’est-ce qui me dépasse et m’engage au-delà du simple confort ?
  3. Mon travail actuel nourrit-il cet élan ou l’épuise-t-il ?
  4. Suis-je attiré par une activité… ou par l’image que j’en ai ?
  5. Suis-je prêt à assumer la forme de vie que cette vocation impliquerait ?

Ces questions ne donnent pas une réponse instantanée.

Mais elles évitent de réduire la vocation à un test de personnalité.


Conclusion

La vocation ne se résume pas à un métier compatible avec vos talents.

Elle engage une manière de vivre.

Et avant de chercher ailleurs, il peut être décisif de regarder la distance entre votre travail actuel et ce qui vous appelle vraiment.

Cyril Brun