Quand la crise des trentenaires commence au moment de l’orientation
Il y a un moment, souvent autour de trente ans, où quelque chose se fissure.
La carrière est lancée.
Le poste est correct.
Le parcours est cohérent sur le papier.
Et pourtant, une question sourde apparaît :
« Comment ai-je pu en arriver là ? »
Ce que beaucoup vivent alors comme une crise professionnelle ou une crise de sens n’est, en réalité, que la conséquence différée d’un problème plus ancien :
une orientation scolaire et professionnelle choisie sans véritable discernement.
Une orientation scolaire souvent faite sans véritable discernement
À 17 ou 18 ans, on demande à un jeune de choisir.
Choisir une filière.
Choisir des études.
Choisir une direction.
Mais très rarement, on l’aide à comprendre à partir de qui il choisit.
La plupart du temps, l’orientation scolaire se fait :
- à partir des notes,
- à partir des opportunités,
- à partir des attentes des parents ou des enseignants,
- à partir de ce qui “ouvre le plus de portes”.
On choisit ce qui paraît raisonnable.
On choisit ce qui rassure.
On choisit ce qui semble prometteur.
Mais pas nécessairement ce qui correspond à la personne que l’on est.
Le vrai problème n’est pas le métier, mais le point de départ
Lorsque l’orientation professionnelle est construite sans connaissance réelle de soi, elle repose sur un malentendu.
On ne choisit pas à partir de soi,
on choisit à partir d’une image, d’une projection, d’une attente.
Pendant quelques années, cela fonctionne.
Puis, progressivement, un décalage apparaît :
- perte de motivation,
- fatigue diffuse,
- sentiment de ne pas être à sa place,
- impression de jouer un rôle.
Ce n’est pas le métier qui est forcément mauvais.
C’est le point de départ qui n’était pas le bon.
Pourquoi la crise arrive souvent vers 30 ans
Vers trente ans, plusieurs choses se produisent en même temps :
- la personnalité est plus stable,
- les illusions de jeunesse tombent,
- la question du sens devient incontournable.
Ce qui était supportable à 22 ans ne l’est plus à 30.
La personne commence à se demander :
- « Est-ce vraiment moi qui vis cette vie ? »
- « Est-ce que je pourrais continuer ainsi longtemps ? »
C’est souvent à ce moment-là que surgissent les projets de reconversion professionnelle — non pas par envie de changement, mais par besoin de cohérence.
Une crise qui aurait pu être évitée
Ce que l’on appelle une “crise de la trentaine” n’est pas une fatalité.
Dans de nombreux cas, elle aurait pu être évitée si, au moment de l’orientation scolaire, un travail de discernement avait été fait en amont.
Non pas pour décider à la place du jeune.
Mais pour l’aider à comprendre :
- sa manière d’être au monde,
- ce qui l’anime réellement,
- ce qui le met en mouvement,
- ce qui l’épuise,
- ce qui l’appelle en profondeur.
Quand le discernement est absent, le choix devient angoissant
Un choix d’orientation fait sans connaissance de soi crée une tension durable.
Parce qu’au fond, on sent que l’on avance sans boussole.
On peut réussir.
On peut progresser.
Mais quelque chose reste fragile.
Et lorsque la vie professionnelle se complique — pression, responsabilités, fatigue — le manque de fondations intérieures apparaît brutalement.
Le lien entre orientation scolaire et crise professionnelle
Ce lien est rarement établi, et pourtant il est évident.
- Une orientation scolaire mal ajustée
- conduit à une orientation professionnelle fragile
- qui mène, tôt ou tard, à une crise de sens.
La crise n’est pas un échec.
Elle est un signal tardif.
Un signal indiquant que la trajectoire a été construite à partir de critères extérieurs, et non à partir de la personne elle-même.
Le point de départ change tout
Le véritable enjeu de l’orientation n’est pas de choisir un métier.
C’est de savoir qui choisit.
Quand une personne se comprend mieux :
- certains chemins cessent naturellement de l’attirer,
- d’autres deviennent évidents,
- des possibilités nouvelles apparaissent.
On ne force plus une direction.
On la reconnaît.
C’est à ce moment-là que les choix cessent d’être angoissants.
Une question qui traverse toute une vie
Ce travail de discernement peut se faire à différents moments de la vie.
Au moment de l’orientation scolaire.
Au moment de l’entrée dans la vie professionnelle.
Ou plus tard, lorsque la question revient avec insistance.
Dans tous les cas, la logique est la même :
on ne construit pas une trajectoire juste sans se comprendre soi-même.
Le point de départ n’est pas le métier.
Le point de départ, c’est la personne.

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