L’anthropologie comportementale


Un livre sur les fondements du « Connais-toi toi-même »

Depuis que l’homme existe, qu’il en ait conscience ou non, nous pouvons dire qu’il cherche le bonheur. Il cherche à être heureux et parfois ce « être heureux » semble se confondre avec « ne pas souffrir ».

De nombreuses écoles ont vu le jour au fil de l’histoire pour tenter de répondre à cette quête de la félicité.
Alors qu’en est-il vraiment ?

Cette quête du bonheur par l’homme est-elle réellement sans fin, sans but ? Est-elle une utopie, un rêve, un dérivatif ? En fin de compte, est-il possible à l’homme d’être heureux ? Répondre à cette question suppose, au préalable, bien d’autres réponses ! Car finalement que sous-tend cette question ? Possible ?

La question du possible est celle de l’existence d’un pont, d’un lien entre deux termes : homme et heureux. Ces deux termes, homme et heureux, peuvent-ils se décliner ensemble ? Peut-on dire homme heureux ? Ou est-ce un oxymore, un contresens ? Cela suppose donc de savoir ce que veut dire heureux et de savoir ce qu’est un homme, afin de connaître s’il y a compatibilité ou incompatibilité entre les deux termes.

Lorsqu’Aristote aborde la question de la félicité, dans l’Éthique à Nicomaque, particulièrement dans le livre 1, son optique est l’action politique, tandis que saint Thomas, essentiellement dans la Prima Pars de la Somme Théologique (questions 1 à 5), lui, cherche Dieu.

Toutefois, les deux hommes à plus de seize siècles d’intervalle et dans un contexte radicalement différent, avec des outils intellectuels différents, se rejoignent d’une façon surprenante. Mais alors qu’Aristote semble devant une impasse quant à la réalité concrète du bonheur humain en cette vie, l’Aquinate transcende cette difficulté et va bien au-delà du Philosophe, ouvrant alors des perspectives incroyablement optimistes, là où justement Aristote se trouve contraint à un certain repli.

Pourquoi l’homme cherche-t-il le bonheur ?
Il semble évident que l’homme est en quête. C’est du reste le principe de son mouvement, de son activité. L’homme cherche. Si l’homme cherche c’est qu’il n’a pas en lui-même trouvé l’objet de sa quête.

L’homme cherche quelque chose qu’il n’a donc pas. Ce qui veut dire que le principe de sa quête est une béance, un manque, un vide. Si l’homme ne ressentait pas ce vide, il ne serait pas en quête. Ce qui signifie que ce vide que cherche à combler cette quête passe par la conscience d’un manque. Ce qui ne revient pas à affirmer que cette conscience d’un manque soit claire quant à l’objet manquant. Mais ce qui est certain, c’est que l’homme cherche à combler ce manque. Nous pouvons donc en déduire que ce manque est aussi une gêne chez l’homme car si ce manque lui était indifférent, il ne chercherait pas à le combler. Il semble donc qu’il y ait un lien entre manque, gêne et quête, finalement entre désir, souffrance et objet comblant. Le manque génère le désir de la chose manquante ; le manque provoque une souffrance relative au désir inassouvi. Et le désir provoque la recherche de la chose manquante.

L’homme apparait donc dans une tension entre la privation d’un bien et le désir de ce bien. Cette tension le met en mouvement pour passer de l’absence du bien désiré à la possession du bien désirable ; possession qui doit, en résolvant le manque, résoudre la souffrance causée par la privation et ainsi donc le conduire à la joie.

Telle est la vocation de l’Homme, tel est le mystère de sa relation à Dieu, tel est le chemin, la vérité, la vie qui fait de cette vallée de larmes le plus merveilleux des défis que l’Homme ait à relever, parce que telle est la quête fondamentale qui le fait sortir de lui-même et aimer.

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