Quand réussir ne suffit plus

Regardez-vous…

Vous continuez à travailler.

Vous faites ce que vous savez faire.

Vous êtes compétent.

Parfois même brillant.

Et pourtant, le matin, vous vous levez avec ce léger poids.

Pas une angoisse.

Pas une dépression.

Juste cette fatigue étrange avant même que la journée n’ait commencé.

Vous êtes dans des réunions.

Vous parlez.

Vous décidez.

Vous produisez.

Et pendant que vous parlez, une partie de vous regarde la scène de l’extérieur et se dit :

« Ce n’est plus vraiment moi. »

Vous rentrez chez vous le soir.

Vous êtes vidé, mais pas parce que c’était difficile.

Parce que c’était étrangement vide.

Peut-être avez-vous même changé récemment.

Nouveau poste.

Nouvelle entreprise.

Un meilleur salaire.

Plus de reconnaissance.

Et pourtant, le même malaise est revenu.

Le même décalage.

La même impression de vivre dans une vie qui ne vous ressemble pas.

Vous vous dites peut-être :

« J’ai tout pour être bien… alors pourquoi ça ne va pas ? »


Vous vous reconnaissez là

Vous vous voyez vous lever comme cela.

Vous vous voyez partir travailler avec ce poids discret.

Vous vous voyez tenir votre rôle.

Vous vous voyez réussir.

Et vous vous voyez rentrer le soir en vous demandant où vous êtes passé.

Ce n’est pas vague.

C’est votre vie.


Alors écoutez

Vous changez.

Vous repartez.

Vous vous dites que cette fois, ce sera différent.

Et pourtant, le même malaise revient.

Pas plus fort.

Pas plus spectaculaire.

Juste là, encore.

Alors vous regardez votre travail.

Votre poste.

Votre environnement.

Mais posez-vous une autre question.

Pensez-vous encore comme avant ?

Ce qui vous faisait vibrer il y a dix ans vous touche-t-il encore vraiment ?

Les projets qui vous enthousiasmaient vous parlent-ils toujours ?

La vie que vous poursuivez est-elle encore celle que vous désirez,

ou seulement celle que vous savez mener ?

Vous continuez à faire ce que vous savez faire.

Mais savez-vous encore qui vous êtes en train de devenir ?

Ce n’est pas que vous êtes défaillant.

C’est que quelque chose en vous a bougé, sans que vous ayez eu le temps de le regarder.

Et tant que ce déplacement intérieur reste invisible,

vous pouvez changer de cadre autant que vous voulez,

vous aurez toujours la sensation de vivre dans une vie qui n’est plus tout à fait la vôtre.


Continuez à regarder

Voyez-vous encore le monde comme avant ?

Votre quotidien a-t-il la même couleur qu’autrefois ?

Les conversations avec vos amis ont-elles la même saveur ?

Votre rapport au travail, à l’argent, à la famille, à la réussite, est-il resté le même ?

Ce qui vous mettait en mouvement vous met-il encore en mouvement ?

Ou continuez-vous surtout par habitude, par loyauté, par inertie ?

Si vous êtes sincère, vous connaissez déjà la réponse.

Vous avez changé.

Pas de façon spectaculaire.

Pas au point que les autres le remarquent.

Mais suffisamment pour que votre vie commence à vous sembler étrangère.

Et c’est là que la vraie question apparaît.

Pas :

« Qu’est-ce qui ne va pas dans mon travail ? »

Mais :

« Qui suis-je devenu, pour que cette vie ne me corresponde plus ? »

Et tant que cette question n’est pas posée,

vous pouvez continuer à ajuster les contours,

le cœur restera désaccordé.


Cette question demande du temps

On ne la résout pas entre deux rendez-vous.

On ne la règle pas avec un changement de poste ou une nouvelle formation.

Se demander qui l’on est devenu,

c’est regarder son histoire,

ses choix,

ses renoncements,

ses fidélités invisibles,

et ce que tout cela a fabriqué en soi.

C’est un travail.

Un vrai.

Mais c’est aussi ce qui change tout.

Quand vous comprenez enfin

qui vous êtes devenu

et ce que vous ne pouvez plus être sans vous perdre,

vos décisions cessent d’être des paris.

Elles deviennent des évidences.

Vous n’avancez plus pour fuir un malaise.

Vous avancez parce que vous savez

d’où vous partez.


Entrer dans cette question

Répondre à qui suis-je devenu n’est pas une introspection vague.

Ce n’est pas de la psychologie.

C’est regarder comment vous vous êtes construit.

À partir de quelles blessures,

de quelles attentes,

de quelles fidélités.

C’est comprendre comment votre corps a pris sa place dans le monde :

votre fatigue, votre énergie, votre rythme, vos limites, votre âge.

C’est voir comment vous réagissez :

face au conflit,

face à l’autorité,

face à la reconnaissance,

face au risque,

face à la solitude.

Tout cela n’est pas subjectif.

C’est la structure même de l’être humain,

ce qui est commun à tous

et singulier chez chacun.

Et quand on commence à regarder cela sérieusement,

on comprend une chose :

on ne peut pas le faire seul.

Parce que pour se voir vraiment,

il faut des questions justes.


Et c’est là que j’interviens

Je ne vous accompagne pas pour choisir un métier.

Je vous accompagne pour vous retrouver.

Mon travail commence exactement là où les autres s’arrêtent :

quand on a compris que changer de cadre ne suffit pas

et que la vraie question est devenue

« qui suis-je pour que cette vie ne me corresponde plus ? »

Ma méthode est celle que Socrate appelait la maïeutique :

l’art de faire naître ce qui est déjà là.

Je ne vous donne pas de réponses.

Je pose des questions.

Des questions précises,

posées au bon moment,

qui obligent à regarder là où vous ne regardiez pas.

Vous répondez.

Puis, à partir de ce que vous dites, je pose une autre question.

Et encore une autre.

Quand une réponse est fragile, elle ne tient pas.

Quand elle est juste, elle résiste.

C’est ainsi que le discernement se fait.

Pas par mon autorité.

Mais par la vérité qui émerge en vous.

Mon rôle n’est pas de vous dire où aller.

Il est de vous aider à reconnaître d’où vous partez.

Et à partir de là,

votre vie peut enfin commencer à vous ressembler.